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Publié le 1 septembre 2021 Mis à jour le 1 septembre 2021

La question de l’égalité Femmes-Hommes au coeur des enjeux de CY Cergy Paris Université, de CY Alliance et de CY Initiative

Il y a un an, Stefania Marcassa, maître de conférence au sein du Laboratoire Thema, laboratoire d’économie et gestion de CY Cergy Paris Université, était nommée chargée de mission égalité Femmes-Hommes au sein de CY. Les objectifs sont clairs avec d’une part la nécessité de répondre à la demande du Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique faite auprès des Universités de mettre en place des plans d’égalité Femmes-Hommes à partir de 2021 et de s’aligner sur les attentes du projet européen Leading Towards Sustainable Gender Equality Plans (LeTSGEPs). Un enjeu fort pour CY Cergy Paris Université, pour CY Initiative et également pour l’ensemble des partenaires de CY Alliance. Nous vous proposons d’en découvrir plus sur ce sujet grâce à cet entretien avec Stefania Marcassa.

Dans quel contexte ce plan sur le genre a-t-il été pensé et mis en place ?

Stefania Marcassa (SM) : Le plan sur le genre de CY Cergy Paris Université a été pensé pour répondre à plusieurs demandes et enjeux. Tout d’abord pour répondre à la demande du Ministère de l’enseignement supérieur incitant les universités à mettre en place des plans d’égalité Femmes-Hommes à partir de 2021 au sein de leur institution. D’autre part, l’objectif est également de s’inscrire dans le cadre du projet européen Leading Towards Sustainable Gender Equality Plans (LeTSGEPs) qui a pour but d’inciter les institutions de recherche à rédiger un plan d’égalité Femmes-Hommes afin de travailler ensemble à faire disparaitre cette inégalité. Ces deux demandes se structurant de la même manière, il s’agira donc de mettre en place un outil unique.
Ce plan permettra également de répondre aux attentes des institutions de financement européen comme l’ANR qui poussent les universités à déposer des projets de recherche respectant une case à cocher sur l’égalité. Cette case deviendra obligatoire à compter de 2022. 

Le plan sur le genre a ainsi été rédigé avec l’objectif commun de répondre à ces différentes attentes et d’inscrire CY Cergy Paris Université ainsi que CY Alliance et ses partenaires dans une démarche de valorisation de l’égalité Femmes-Hommes. Il a ainsi été écrit en étroite collaboration avec les ressources humaines de CY ainsi qu’avec l’aide de nos partenaires européens qui nous ont apporté leur regard sur le plan, sa rédaction notamment sur la partie actions, indicateurs…

Bien sûr de nombreuses actions avaient déjà été initiées avant cette date au sein de CY Cergy Paris Université et de ses différents partenaires. L’objectif a été dans un premier temps d’auditer et de répertorier les dispositifs déjà en place. Un travail de récolte de données a ainsi été amorcé à CY Cergy Paris Université avec par exemple un audit des évolutions de carrière Femmes-Hommes au sein de l’institution. En juin dernier, l’université a également rejoint le consortium égalité Femmes-Hommes mis en place par l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) et rejoint par 11 universités.


Justement parlez nous de ce plan, en quoi consiste-t-il ? Quels sont ses objectifs ?

SM : Ce plan égalité Femmes-Hommes est dans un premier temps à destination des salariés et chercheurs de CY Cergy Paris Université avec bien entendu un impact sur nos partenaires avec qui nous travaillons de manière régulière comme les écoles de CY Alliance ou EUTOPIA. En effet avec ce plan, nous allons donner la ligne directrice lors de projets communs comme des travaux de recherche entre chercheurs de différentes institutions dans le cadre de financement de CY Initiative par exemple.

Le plan est organisé autour de 6 axes fondamentaux et avec des objectifs à 3 ans. Le premier repose sur l’étude des écarts de rémunération dans l’institution, une partie où nous avions peu de données et où nous avons dû partir de zéro. Nous travaillerons sur la reclassification des budgets sensibles au genre et c’est une méthode assez innovante en France notamment car peu d’universités l’ont mis en place. Pour chaque dépense on essaye ainsi de classifier la dépense en fonction de ce qui a été attribué aux femmes et aux hommes. L’argent a un impact important sur l’égalité Femmes-Hommes et cela permet d’avoir une vision un peu plus concrète de cette égalité.
Le deuxième axe est l’étude de l’avancement de carrière, une partie qui est en développement et qui sera basée les premières années sur l’analyse de données car rien n'existait à ce stade. Nous allons ainsi analyser les dispositifs déjà en vigueur et la communication faite autour de ces dispositifs. L’Europe nous demande aussi de mettre en place des formations sur la lutte contre les stéréotypes de genre notamment lors du recrutement. 
On retrouve en troisième axe le sujet de l’articulation vie privé/vie professionnelle. La première année, l’objectif est de prévoir des actions pour aménager le temps entre vie professionnelle et vie privée par exemple en élargissant le télétravail à certaines problématiques. Il s’agira aussi de communiquer pour sensibiliser sur les dispositifs disponibles auprès des personnes concernées. 
La lutte contre les violences sexistes et les discriminations est le quatrième axe de ce plan sur le genre. Il y a déjà des dispositifs en place et il faudra durant cette première année informer les salariés sur ce sujet par exemple en intégrant au règlement intérieur des composantes dédiées. On peut aussi mettre en place des formations sur ce sujet qui s’adresseront aux personnes qui dirigent les laboratoires par exemple… afin de les accompagner à faire face à ce type de situation. 
On retrouve ensuite la promotion de la dimension des genres dans la recherche et c’est un axe important pour l’Europe, les institutions de financement du type ANR et CY Initiative. Quand un dossier sera déposé pour une demande de financement européen, il faudra intégrer dans le projet une dimension genre. Cela pourra être fait de plusieurs manières : le sujet de recherche peut avoir une dimension genre ou faire attention qu’il y ait autant de chercheurs femmes et hommes qui travaillent sur cette recherche. A partir de Janvier 2022, cela sera un critère très important et essentiel. Au sein de l’université et en lien avec CY Initiative nous allons créer des groupes de chercheurs multidisciplinaires avec une répartition des genres, des groupes qui peuvent mettre en place des projets sur le sujet du genre ou encore la mise en place de cours qui auront comme sujet l’égalité Femmes-Hommes au sein des entreprises en formation continue. De manière générale il s’agit de sensibiliser les enseignants/chercheurs afin qu'eux même puissent sensibiliser les étudiants sur ces sujets à travers leurs cours mais également les entreprises et la société à travers leurs recherches. C’est un enjeu fort pour CY Cergy Paris Université mais également pour les partenaires de CY Alliance. 
Le sixième et dernier axe est de prévoir des actions qui renforcent l’engagement de l’institution sur ce plan en prévoyant par exemple la mise en place de réseaux de représentants égalité des chances au sein de l’institution. 


En termes de recherche, qu'est-ce que cela implique ?

SM : Comme évoqué précédemment, la recherche est un des axes majeurs de ce plan sur le genre. Il s’agit aujourd’hui de répondre à une demande d’Horizon Europe, un programme européen pour la recherche et l'innovation ainsi que des différentes institutions de financement comme l’ANR. L’enjeu est d’intégrer la dimension genre dans le contenu de la recherche afin d’apporter de la valeur ajoutée à l’excellence, de la rigueur et la reproductibilité de la recherche. Cela apporte une compréhension plus approfondie des comportements et des attitudes et permet de rendre toujours plus pertinentes les recherches de nos enseignants-chercheurs pour l’ensemble de la société et notamment nos étudiants. 
C’est un sujet clé aujourd’hui, et nous, CY Initiative, ainsi que nos différents partenaires de CY Alliance ou de EUTOPIA, devions nous inscrire comme précurseur sur ces sujets
L’éthique est aussi au cœur du projet Horizon Europe et donc des projets de financement européen. Chaque chercheur qui demandera un financement devra ainsi identifier les questions éthiques soulevées par ses activités, adresser les questions et fournir des informations sur ce sujet dès la soumission du projet. Cette approche vise à garantir une recherche et une innovation responsable et à assurer le respect des bonnes pratiques tout au long du projet. 

Afin d’accompagner au mieux ces évolutions et bonnes pratiques, j’ai eu l’occasion de présenter nos engagements aux équipes qui s’occupent des financements et aux chercheurs de CY Cergy Paris Université et de l’ESSEC qui composent CY Initiative. L’objectif était de leur présenter la problématique du genre, les attentes des institutions et comment rédiger son projet afin qu’il intègre bien cette dimension. 

La question du genre doit aujourd’hui avoir une place à part entière dans la recherche et c’est en accompagnant nos équipes et celles de nos partenaires que nous y arriverons. La création d’un réseau de chercheurs multidisciplinaires qui travaille sur le genre pourrait également faciliter la création de réseaux internationaux et des collaborations entre nos chercheurs avec des cercles conférences, des publications…
 

Focus sur le projet « European Women in Sport : for adaptive governance of women’s sports practices » (E-WinS)

Ce projet, accompagné par des équipes financées en partie grâce aux fonds de CY Initiative, a pour objectif de favoriser la féminisation du sport en Europe à travers un travail d’identification, d’analyse, de renforcement et de partage de bonnes pratiques de gouvernance. Un projet qui s’inscrit donc parfaitement dans le plan sur le genre.
Placé sous la direction scientifique de Marie-Stéphanie Abouna, enseignante-chercheur à l’ILEPS, le projet E-WinS est financé par l’Union Européenne dans le cadre du projet ERASMUS + SPORT.
Il repose sur plusieurs actions clés : 
  • Des enquêtes seront conduites via les réseaux d’institutions et clubs des organisations partenaires, afin de lister les bonnes pratiques réalisées dans ce domaine et pouvant être plus largement mises en œuvre dans l’ensemble de l’Europe.
  • Des vidéos, des quizz et d’autres outils innovants aideront également les acteurs du sport à intégrer dans leurs propres structures ces nouvelles pratiques.
  • Une série d’interviews sera réalisée dans les pays partenaires auprès des usagers-témoins.
  • Enfin, toutes les informations collectées seront mises à disposition sur la plateforme d’un observatoire sur la féminisation du sport dans les cultures européennes, afin d’offrir aux acteurs européens du sport la possibilité d’interagir et d’entreprendre des transformations lorsque cela s’avère nécessaire.